Fredericton, 8 mars 2021 – Agriculture NB demande instamment au gouvernement du Nouveau-Brunswick de revoir les nouvelles restrictions provinciales sur les travailleurs étrangers temporaires (TET).

Dans un courriel adressé aux parties prenantes de l’industrie le 5 mars, le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail a annoncé que les TET seraient tenus de se mettre en quarantaine individuellement (avec chambres individuelles, salles de bain, buanderie et cuisine) pendant 14 jours à leur entrée dans la province, à compter de maintenant. Actuellement, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) qui gère les programmes des TET et des travailleurs agricoles saisonniers (TAS) stipule que « l’employeur peut loger ensemble des travailleurs faisant l’objet d’une mise en quarantaine, mais le logement doit permettre à chacun de conserver une distance de deux mètres, et ce, en tout temps ».

Le secteur agricole soutient les mesures qui augmentent la sécurité et le bien-être des travailleurs, mais ces restrictions sont financièrement oppressantes pour les agriculteurs et nuisent à la santé mentale et physique des travailleurs. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait envisager les meilleures pratiques pour la sécurité des TET et de la population, et réduire le fardeau imposé aux agriculteurs. La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont mis en place des programmes qui aident les exploitations agricoles à assurer la sécurité des TET pendant leur mise en quarantaine ou qui prennent en charge l’ensemble du processus de mise en quarantaine. La Nouvelle-Écosse prend également en charge la vaccination des TET contre la COVID-19, reconnaissant ainsi que l’on ne peut se permettre que les retards au niveau de la main-d’oeuvre agricole se traduisent par des récoltes trop tardives.

Le gouvernement devrait créer des programmes ou gérer lui-même les installations de quarantaine, au lieu d’en confier la responsabilité aux exploitations agricoles qui se sont déjà préparées, en investissant temps et argent, à accueillir en toute sécurité les TET qu’elles embauchent, des efforts qui s’avèrent maintenant être du gaspillage. Cela permettrait à la santé publique d’assurer la sécurité de ceux qui entrent dans la province, de dégager les exploitations agricoles de cette responsabilité, et pourrait permettre au gouvernement d’aider l’industrie hôtelière qui a tout autant souffert.

Par le passé, le gouvernement n’a pas voulu écouter les conseils des parties prenantes de l’industrie, et il est clair que contrairement à nos voisins provinciaux, le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne donne pas la priorité à l’agriculture. Le ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches a été considérablement sous-financé pendant des années, ce qui, ajouté à la perception qu’a le public du secteur, signifie que les agriculteurs du Nouveau-Brunswick doivent travailler plus fort pour chaque dollar qu’ils gagnent, et confère un avantage financier aux autres provinces.

Ces restrictions, telles qu’elles sont actuellement énoncées, doivent s’accompagner d’une aide financière immédiate et d’un soutien en matière de santé mentale de la part du gouvernement du Nouveau-Brunswick afin de pouvoir être mises en oeuvre. Les estimations minimales du fardeau supplémentaire des coûts pour les chambres d’hôtel, les repas et le paiement des TET nécessaires pour isoler ces derniers individuellement sont de 6 300 $ par travailleur. Pour le secteur agricole, cela signifie une augmentation des coûts de 1,2 million de dollars imposée aux agriculteurs. Pour les autres secteurs de l’aquaculture et de la pêche, cela équivaudrait à 7,5 millions de dollars au minimum, pour les quelque 1 200 TET qui ne sont pas encore arrivés au pays.

Lors de l’interdiction des TET au Nouveau-Brunswick l’année dernière, il était évident que la main-d’oeuvre locale ne pouvait pas et ne voulait pas remplacer ces travailleurs qualifiés et de nombreuses exploitations agricoles ont perdu des revenus ou ont vu leurs coûts de main-d’oeuvre augmenter considérablement, ce qui les désavantagera financièrement dès cette année. Ces restrictions entraîneront, à défaut de soutien, une réduction de la production et une augmentation générale des prix des denrées alimentaires. Le gouvernement contredit une fois de plus ses propres affirmations selon lesquelles il souhaite un système alimentaire autosuffisant en ajoutant des contraintes financières aux
agriculteurs qui portent déjà le poids d’une pandémie et d’une sécheresse.

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Agriculture NB est le fruit d’une collaboration formelle entre l’Union nationale des fermiers au Nouveau-Brunswick, l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick et La Récolte de Chez Nous, afin de représenter l’ensemble du secteur agricole du Nouveau-Brunswick.

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